Historiquement, beaucoup se sont affolé et s'affolent encore à propos de l'homosexualité, de la masturbation, des adolescentes qui deviennent mères sans marier le joueur de football qui les a engrossées, du VIH et des événements sportifs qui inviteraient à la décadence la plus extrême (des escortes qui boivent du champagne avec des amateurs de voitures qui vont vite).
Il y a aussi un type de panique vraiment redoutable : celle des pénis qui rapetissent, se rétractent ou disparaissent.
Des moments d'hystérie entourant la disparition des pénis ont lieu, rarement, de courte durée, mais dans le monde entier. Ces mouvements de panique sont aussi appelés koro, soit « tête de tortue », en malaisien.
1. EUROPE CENTRALE
Au 15e et 16e siècle, une des premières épidémies de frousse génitale survient. Les hommes prétendaient alors que des sorcières leur volaient leur pénis et les cachaient dans des nids d'oiseaux. Les membres, seul ou attachés à une vingtaine d'autres pénis sacrifiés, bougeaient et se nourrissaient même de maïs et d'avoine, selon certains témoignages de l'époque.
Le dominicain Heinrich Kramer a décrit les sorcières comme des complices de Satan, dans le Malleus Maleficarum, un traité médiéval sur les collectionneuses d'organes mâles. Une fois les sorcières jugées, apaisées ou éliminées, le sexe revenait par magie sous le nombril des persécutés.
2. SINGAPOUR
Durant les mois d'octobre et de novembre, en 1967, Singapour a été touchée par une panique des pénis rétractables aux proportions hallucinantes. Jusqu'à 80 personnes par jour déclaraient être victimes d'un pénis envolé au pays de la fée des dents et de Jim Morrison.
La rumeur était que la consommation de porc ayant été vacciné contre le virus de la grippe porcine provoquait le koro. Les résidents de Singapour ont cessé de manger du porc (la peur de perdre son pénis est plus efficace que les discours sur une alimentation saine et sans produit animalier) et les associations médicales ont dû donner de nombreuses conférences pour tenter de calmer l'hystérie ambiante.
3. CHINE
Presque vingt ans après les angoisses d'impuissance de Singapour, la Chine a souffert aussi d'une panique pénienne. 3000 personnes, dont 16% de femmes, ont cru être victimes du koro.
Pour ne pas souffrir d'un clitoris disparu ou d'une verge mangée par l'abdomen, les gens ont choisi des remèdes naturels, comme du poivre noir et des tisanes de gingembre, qu'ils avalaient tout en se tirant les organes génitaux et les tétons.
4. NIGÉRIA
Les rumeurs de pénis qui disparaissent reviennent souvent en Afrique de l'Ouest. Contrairement à la Chine, à la Thaïlande et à Singapour, la maladie n'est pas crainte. Ce sont plutôt les voleurs de pénis qui le sont. Les étrangers et les guérisseurs sont souvent accusés de ce travers, même s'ils ont déjà un pénis et que ça ne leur donnerait absolument rien d'en avoir un deuxième.
Dès 1975, et ce, pendant deux ans, des hommes se sont plaint au Nigéria que leur pénis leur avait été dérobé. Les délits rapportés sont rarement vérifiés, par pudeur et peut-être par superstition. Puis dans les années 90 les accusations contre des voleurs de virilité ont eu des répercussions très graves : des lynchages publics.
Selon certaines sources rapportées par Slate Afrique, en une quinzaine d'années, la vengeance populaire quant aux réducteurs de sexe aurait fait, en Afrique de l'Ouest, près de trois cents morts et plus de trois mille blessés.
La peur et l'anxiété de perdre ses organes génitaux auraient même poussé des hommes et des femmes à… Lire la suite
0 Commentaires
Participer à la Discussion
Commentez cet article