Malgré l’interdiction de la détention des animaux sauvages vivants ou morts dans le pays en vue de stopper la propagation du virus de la variole du singe dont six cas confirmés ‘’non mortels’’ ont été enregistrés à la date du 31 juillet 2024, la viande de brousse très prisée est toujours présente dans les marmites des maquis abidjanais.
La variole du singe, ou Mpox, circule dans plusieurs pays d'Afrique et notamment en Côte d'Ivoire. Pour éviter la propagation de cette maladie contagieuse, les autorités ivoiriennes recommandent à la population d’éviter de consommer de la viande de brousse. Nombreux sont ceux qui ne respectent pas les mesures gouvernementales, a constaté sur place l'agence de presse Top News Africa.
A Yopougon, à l’ouest d’Abidjan comme dans la plupart des communes du pays, la vente et la consommation de la viande de brousse, pourtant interdites, se font à ciel ouvert. Dans les maquis, les consommateurs se donnent à cœur joie nonobstant les mesures d’interdiction.
Au mépris du communiqué du ministère des Eaux et des Forêts soulignant que ''la détention des animaux sauvages vivants, notamment, les singes, les chimpanzés, les rats et écureuils comme animaux de compagnie et la consommation de la viande de brousse, particulièrement celle des singes et des rongeurs, étaient des facteurs favorisant la propagation de la variole du singe''.
N’guessan Yao, professeur de lycée de son état, sortant d’un des nombreux maquis, affirme sans se sourciller qu’il consomme cette viande. ‘’Oui, le gouvernement a parlé mais est-ce que les mesures d’application suivent ? Moi, tant qu’il y aura des restaurants où l’on cuisine la viande de brousse, je ne m’en priverai pas’’, se défend l’enseignant.
Selon lui, les vendeurs et consommateurs ne sont pas en cause mais plutôt les braconniers qui livrent le gibier aux restauratrices. C’est pourquoi, suggère-t-il, ‘’le gouvernement doit aller plus loin en insistant sur l’interdiction de la chasse’’.
Au marché de Siporex, toujours à Yopougon où le commerce de la viande de brousse est florissant, les braconniers qui viennent livrer la viande (agoutis, biches, rongeurs, singes…) ignorent l’existence du virus de la variole du singe. ‘’C’est quelle maladie ça ?’’, interroge Achi Ferdinand, l’un des livreurs de la viande de brousse.
Pour dame Ahou Madeleine, qui venait d’acheter des morceaux d'agouti pour la cuisine du jour, ‘’ on parle de la variole du singe pour nous décourager de consommer la viande de brousse mais ce sera difficile tant que les agents des services d'hygiène ne viennent pas contrôler l’effectivité des mesures’’.
Autant dire que la vente et la consommation de la viande de brousse continueront dans le pays. Depuis l'interdiction de manipuler la viande de brousse, "aucun agent sanitaire n'a opéré des contrôles aussi bien sur le marché que dans les maquis’’, déplore Mme Ahou.
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