
Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), dirigé par Laurent Gbagbo, a demandé ce jeudi 3 avril 2025 la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), à seulement six mois de l’élection présidentielle.
Cette demande a été formulée par Katinan Koné, le président du Conseil stratégique et politique du PPA-CI. Selon lui, la CEI, en raison de son caractère “trop partisan”, met en danger la paix sociale du pays. Il a lancé un appel à tous les partis politiques et à ceux qui aiment la Côte d’Ivoire pour qu’ils se rallient à cette demande de dissolution et qu’une nouvelle structure, moins politisée, prenne sa place.
Katinan Koné a exprimé ses préoccupations lors d’une tribune organisée par le PPA-CI, où il a abordé le thème des “irrégularités et contentieux sur la liste électorale provisoire”. Le responsable politique a estimé que le pouvoir en place, représenté par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) et la CEI, « prennent en otage la paix sociale ». En effet, il a dénoncé une manipulation volontaire du processus électoral, à commencer par les obstacles imposés pour le traitement des contentieux, notamment la restriction du nombre de bureaux de vote où ces contentieux pouvaient être portés. Il a également critiqué des critères “proto-juridiques”, notamment l’exigence d’un certificat de décès pour les personnes décédées, alors que seulement 21 % des décès sont déclarés en Côte d’Ivoire, selon le ministère de l’Intérieur.
Katinan a également mis en doute la fiabilité de la liste électorale, citant les résultats de la Sentinelle anti-fraude électorale du PPA-CI, qui aurait recensé plus de 6 millions de personnes non éligibles pour figurer sur la liste. Parmi elles, il a souligné des anomalies comme la présence de 2 000 personnes supposément âgées de plus de 160 ans, ainsi que des étrangers et des enfants inscrits de manière irrégulière.
Il a posé la question : “Comment expliquer aux Ivoiriens que 6 millions de personnes sur les 8,7 millions inscrites ne remplissent pas les critères légaux pour être sur la liste électorale ?” Selon lui, la CEI a failli à sa mission en ne fournissant pas une liste conforme aux normes et en refusant de réviser cette liste comme la loi l’exige.
Le PPA-CI considère cette situation comme illégale, en particulier l’exclusion de Laurent Gbagbo de la liste électorale, malgré sa grâce présidentielle. Gbagbo, radié après sa condamnation pour le braquage de la BCEAO, ne pourra retrouver son droit de vote qu’avec une amnistie.
Katinan Koné a également accusé la CEI de servir de “quasi-délégation” au RHDP, les deux étant, selon lui, engagés dans un “pacte anti-Laurent Gbagbo” et organisant un “hold-up électoral” qui pourrait perturber la paix sociale.
Le PPA-CI, déterminé à faire avancer la candidature de Laurent Gbagbo, se dit prêt à mener tous les combats nécessaires. Katinan a appelé les militants à se mobiliser massivement lors de la Fête de la renaissance, les 11 et 12 avril 2025 à Dabou, pour montrer leur soutien et affirmer que le parti décidera du lieu et de la manière de poursuivre ses actions.
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