
Des années 1960 aux années 1990, des centaines de jeunes Congolais partent étudier en URSS. Ils ne reviendront pas seuls. Pour leurs épouses soviétiques commence alors une longue période d’adaptation et, souvent, de désillusion. Irina, Nathalia, Marina et les autres racontent leur histoire. Elle détache méthodiquement chacune de ses phrases, déroule l’histoire de leur rencontre avec délectation. Sa voix est rieuse, son sourire timide. Elle affichait probablement le même lorsqu’ils se sont vus pour la première fois, en 1977.
« C’était à Odessa, chez des amis communs, se souvient-elle. Il avait tout du malotru : je lui avais dit bonjour, il n’avait pas répondu. En réalité, il ne comprenait pas le russe et je ne parlais pas un traître mot de français. » Aidés par leurs amis, Irina et Robert* échangent leurs numéros de téléphone. Puis se perdent de vue avant de se retrouver deux ans plus tard, pour ne plus se quitter. Ils font partie de ces couples soviéto-congolais qui se sont formés dans le sillage de l’internationalisme prolétarien. Difficile d’en établir le nombre exact. Une immigration découlant de la crise en URSS Dans les décennies 1970 et 1980, certains parlent de « déferlement de femmes russes sur le Congo ». Météorologue de formation, comme son mari, Nathalia Bouemis, aujourd’hui responsable des relations publiques à l’Agence nationale de l’aviation civile, explique qu’à son arrivée, en 1984, l’ambassade d’URSS lui a communiqué le nombre de 500 femmes soviétiques, dont seule une minorité était là pour des raisons professionnelles.
La guerre civile du milieu des années 1990 a contraint quelques-uns de ces couples à repartir s’établir en ex-URSS. Certains se sont disloqués, d’autres ont tenu – dont celui de l’ancien Premier ministre Isidore Mvouba, l’un des plus célèbres.
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