
C'est un séjour discret, qui fait finalement parler. Arrivé mercredi soir à Abidjan, le candidat d'extrême droite à la présidentielle française a rendu visite ce jeudi aux militaires français en Côte d'Ivoire, façon pour lui de démontrer son soutien à l'armée.
Éric Zemmour voulait faire un coup : s'afficher aux côtés des soldats français en opération extérieure pour le réveillon de Noël, alors qu'Emmanuel Macron, lui, a dû annuler un déplacement auprès des troupes au Mali à cause du Covid, comme le rappelle Julien Chavanne, du service politique de RFI.
Le ministère des Armées avait donné son feu vert, comme il l'a fait pour d'autres candidats à la présidentielle : l'Insoumis-Jean-Luc Mélenchon a pu visiter une base militaire en Guyane, idem pour la socialiste Anne Hidalgo à Brest... Pour cette campagne électorale, tous ont ainsi l'autorisation de rendre visite aux militaires français sur le théâtre qu'ils souhaitent. Mais à condition de le faire en toute discrétion.
Problème : Éric Zemmour n'a pas pu s'empêcher de communiquer, en fin de matinée, sur sa visite auprès des soldats français en Côte d'Ivoire. Un communiqué, et plusieurs photos sur Twitter.
Je suis honoré d'avoir visité la base logistique de l'opération BARKHANE aujourd'hui, en Côte d'Ivoire avec mon directeur de campagne, le général Bertrand de la Chesnais. pic.twitter.com/YBtdSv4iwL
— Eric Zemmour (@ZemmourEric) December 23, 2021
Accompagné de son directeur de campagne, le général en retraite Bertrand de La Chesnais, il est allé délivrer sur place un message de soutien aux FFCI, et des promesses de crédits s'il est élu. Celui qui était partisan d'un retrait français du Mali il y a quelques mois, a d'ailleurs semblé moins catégorique dans son message pour l'occasion.
« Votre action dans le monde protège notre pays des agressions d'où qu'elles viennent. Elles protègent nos intérêts aux côtés de nos partenaires que nous n'abandonnerons pas », a-t-il déclaré. « J'accorderai une attention particulière aux moyens qui seront alloués à notre défense et à nos armées, ainsi qu'à leur déploiement », peut-on encore lire dans le texte publié par le candidat sur son compte Twitter.
#Zemmour à Abidjan pour rendre visite aux militaires des FFCI à Port-Bouët et promet des crédits s'il est élu. Mais ne remet pas en cause l'existence de Barkhane. https://t.co/VqF2eCr84V
— Pierre Pinto (@_PierrePinto) December 23, 2021
La ministre des Armées Florence Parly a vu rouge. Elle dénonce une instrumentalisation à des fins électoralistes.« On demandait de la discrétion, il y a instrumentalisation, les conditions ne sont pas respectées », attaque un conseiller du ministère qui menace : « Nous en tirerons les conséquences. »
Autrement dit, Éric Zemmour risque d'être persona non grata dans les camps militaires français.
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