
Le dernier massacre en date est celui de Kikura, une localité congolaise à la frontière avec l’Ouganda, explique notre correspondante à Bukavu, Coralie Pierret. Dans la nuit de dimanche à lundi, des hommes armés sont entrés dans ce village.
Au moins 20 personnes ont été tuées, la plupart à l’arme blanche, explique un membre de la société civile locale qui s’est rendu sur place pour constater les décès. Six maisons ont été brulées et trois adolescents ont été kidnappés, dont deux garçons et une fille. Ce mode opératoire, brutal, rappelle celui des ADF.
Kikura est située à environ 3 km de Nobili, le poste-frontière par lequel les soldats ougandais sont arrivés en RDC le 30 novembre 2021. Trois mois plus tard, leur présence aux côtés des forces congolaises n’a toujours pas permis d’éliminer les ADF, responsables de la mort d’au moins 1 200 civils en 2021, selon l’ONU.
Trois personnes liées à l'attaque arrêtées, selon l'Ouganda
« Nous n’avons toujours pas vu les patrouilles mixtes chez nous », s’impatiente un responsable de la société civile de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, particulièrement touchée par les attaques du groupe depuis 2018. « Comment est-ce possible que l’ennemi attaque encore ? » se questionne un membre de la société civile sur place. Les deux armées affichent pourtant leurs avancées et victoire sur les réseaux sociaux.
Lundi soir, les forces conjointes affirmaient avoir affrontés les ADF soupçonnés de l’attaque. Trois membres de ce groupe armé ont été arrêtés, selon le porte-parole ougandais de l’opération. Une opération pour laquelle aucun bilan conjoint n’est disponible. Pour l’heure, le dernier bilan conjoint remonte au 10 décembre 2021, il fait état de 34 ADF capturés et 4 camps ennemis démantelés.
Trois mois de bilan
En Ouganda, les autorités vantent les premiers résultats de l'intervention des forces ougandaises en RDC, rapporte notre correspondante à Kampala, Lucie Mouillaud. Depuis le début des opérations, deux hauts commandants des ADF ont été arrêtés, plusieurs camps du groupe armé et notamment celui de Kambi Ya Yua, ont été démantelés. Depuis le 30 novembre, date du début de l’opération conjointe Shujaa, les autorités ougandaises ont multiplié les annonces de victoire.
Les militaires ont depuis début février, amorcé la deuxième phase de l’offensive, marquée par le déploiement des forces conjointes dans la province de l’Ituri.
Selon le porte-parole ougandais de l’opération, le commandant Peter Mugisa, les ADF sont désormais en fuite, pour une partie vers l’ouest de l’Ituri, et s’éloignent donc de la frontière avec l’Ouganda, et pour d’autres vers le sud et les montagnes du Rwenzori. Pour autant, aucun bilan récent n’a été communiqué sur le nombre de rebelles arrêtés ou tués par les deux armées.
Mais malgré les victoires, le groupe ADF reste une grande menace pour les populations locales, confirme le porte-parole. « Nous continuerons à les poursuivre, partout où ils seront, jusqu’à tous les arrêter ou les neutraliser », affirme-t-il.
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