
Un canal pourrait être creusé afin que plus aucune frontière terrestre n’existe entre les deux pays.
Faire du Qatar une île. Un haut responsable d’Arabie saoudite a prôné vendredi la création par Ryad, la capitale saoudienne, d'un canal qui transformerait la péninsule voisine du Qatar en île.
«En tant que citoyen, j'attends avec impatience des détails sur la mise en oeuvre du projet de l'île Salwa, un grand, historique projet qui changera la géographie de la région», a écrit sur Twitter Saud al-Qahtani, proche conseiller du prince héritier Mohammed ben Salmane.
Des déchets nucléaires dans une partie du canal
En avril, le journal en ligne saoudien «Sabq», pro-gouvernement, a été le premier à faire état du projet de creusement d'un canal, qui partirait de la localité de Salwa et s'étalerait sur 60 km sur l'ensemble de l'unique frontière terrestre du Qatar. Les autorités n’avaient pas réagi jusqu'à présent.
Profond de 15 mètres à 20 mètres et large de 200 mètres, le canal permettrait le passage de navires marchands de différents types. Une partie du canal, qui coûterait jusqu'à 2,8 milliards de riyals (environ 650 millions d’euros), serait réservée à une installation de gestion des déchets nucléaires.
Cinq sociétés spécialisées dans le creusement de canaux auraient été invitées à proposer un projet concret. Un choix pourrait être annoncé dans le courant du mois. Les autorités saoudiennes n'ont pas répondu aux demandes de commentaires et le Qatar n'a pas encore réagi.
Ce projet constitue le dernier épisode des fortes tensions longues de 14 mois entre le Qatar et quatre pays : l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte. Ces pays ont rompu leurs relations diplomatiques avec Doha, la capitale du Qatar, le 5 juin 2017, en l'accusant de soutenir des mouvements «terroristes» et de se rapprocher de l'Iran, ce que le Qatar nie.
Après la rupture des relations, des restrictions économiques ont été mises en place comme la fermeture de la frontière entre le Qatar et l'Arabie saoudite. Les efforts de médiation menés par le Koweït et les États-Unis, dont la plus grande base aérienne du Moyen-Orient est au Qatar, n'ont pas abouti.
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