
Abidjan a accueilli ce jour la 14ème Conférence parlementaire afro-arabe. A cette rencontre réunissant les députés ivoiriens auxquels s'ajoutent ceux des pays ci-mentionnés.
Je voudrais, d’entrée de jeu, dire l’honneur et la joie que ressent le Parlement ivoirien d’accueillir en Côte d'Ivoire un événement aussi important que la 14ème Conférence parlementaire afro-arabe.
Aussi, voudrais-je, au nom de l’ensemble de mes collègues Députés ivoiriens, et en mon nom personnel, souhaiter la cordiale et chaleureuse bienvenue à toutes les distinguées personnalités, ainsi qu’à toutes les délégations venues prendre part à cette Conférence qui, avant tout, célèbre la fraternité entre Parlementaires Africains et Arabes.
Vous me permettrez de saluer, tout particulièrement, la présence distinguée à ces assises des honorables Présidents :
- Son Excellence Madame Edna MADZONGWE, Présidente du Sénat du Zimbabwe ;
- Son Excellence El Hadj Mohamed E Hacen, Président du Sénat de la Mauritanie ;
- Son Excellence Madame MUKABALISA Donatille, Présidente de la Chambre des Députés du Rwanda
- Son Excellence Monsieur Boilil Mohamed, Président de l’Assemblée Nationale de la Mauritanie ;
- Son Excellence Monsieur Omer Suleiman Adam Wanese, President du Conseil d’Etat du Soudan ;
- Son Excellence Madame Margaret MENSAH-WILLIAMS, Présidente du Conseil national de la Namibie ;
- Son Excellence Monsieur AGILA Saleh Essa, Président du Parlement et Chef suprême des Forces Armées de la Lybie
Je vous prie, Mesdames et Messieurs les Présidents, d’agréer nos sincères remerciements et notre profonde gratitude pour l’immense honneur que vous nous faites en prenant part personnellement à ce rendez-vous Afro-Arabe, cadre privilégié d’échanges de nos expériences et de recherche de réponses aux aspirations des peuples du continent africain et ceux du monde arabe.
Je n’oublie pas tous autres Chefs de délégations ici présents.
Mesdames et Messieurs,
Rappelons que c'est à l'occasion de la 37ème Conférence des Présidents d’Assemblées parlementaires nationales de l'Union Parlementaire Africaine, tenue à Rabat en décembre 2014, que notre pays s'est proposé pour abriter en 2015, cette 14ème conférence qui aurait, alors, marqué le 30ème anniversaire de notre organisation commune.
Mais pour des contraintes de calendrier du fait de la 66ème Session du Comité Exécutif de l’UPA qui devait se tenir exceptionnellement à Abidjan, nous avons convenu de reporter cette importante Conférence à cette année 2016, afin qu’elle puisse constituer une occasion mémorable de voir se réunir et s’unir ici à Abidjan, les parlementaires d’Afrique et du Monde arabe.
Distingués parlementaires,
Mesdames et Messieurs,
En créant la Conférence parlementaire afro-arabe, il y a de cela plus de trente ans, nos prédécesseurs ont, très tôt compris la nécessité pour nos deux régions, africaine et arabe, d’œuvrer à consolider davantage leurs relations politique, économique et culturelle.
De ce fait, ils reconnaissaient ainsi le rôle vital que nos Assemblées peuvent jouer dans la résolution des questions qui affectent les communautés africaine et arabe, d’une part, et la situation internationale, d’autre part.
Chacun a désormais conscience de la nécessité, et je le souhaite, d’impliquer davantage les instances représentatives des peuples arabes et africains, si l’on veut voir tourner à notre avantage notre effort collectif d’intégration et conquérir la place qui nous revient dans un monde désormais globalisé.
La question que nous devons nous poser est de savoir si nous sommes les dignes héritiers de cette pensée.
À cet égard, je note que les objectifs de promotion des contacts entre les parlementaires de nos régions et de renforcement des liens de coopération dans les domaines politique, économique, social et culturel, font de la Conférence parlementaire afro-arabe un cadre propice à une coopération entre nos deux régions, cadre qui transcende les barrières linguistiques pour en faire un instrument privilégié de partage de connaissances et d’expériences.
Mesdames et Messieurs,
Le phénomène croissant de la mondialisation, hélas, ouvre une ère de grandes mutations et commande, par conséquent, que nos deux blocs renforcent leurs structures de coopération et d’intégration régionales comme conditions essentielles pour placer nos Etats, individuellement et collectivement, sur la voie de la croissance soutenue et du développement durable.
Dans le droit fil du renforcement de cette coopération, la conférence parlementaire afro-arabe demeure, j’en suis convaincu, l’une des plus grandes opportunités qui s’offre à nos deux régions, pour faire face aux nombreux défis qu’engendrent la crise économique mondiale et la menace sur la sécurité et la paix.
En effet, devant les justes et légitimes aspirations de paix et de développement durable des Peuples, un ennemi commun à nos Etats se fait de plus en plus redoutable et j’ai nommé le TERRORISME qui, comme une explosion atomique, se joue des frontières et bafoue les traités de paix.
Honorables parlementaires,
Mesdames et Messieurs,
Vous le remarquerez, la 14ème Conférence parlementaire afro-arabe se tient à un moment particulier dans l’histoire de notre continent marqué par une vague d’attentats terroristes, sans précédent, intervenus dans plusieurs villes africaines dont celle de Grand-Bassam, cité balnéaire située à une trentaine de kilomètres de la capitale économique, Abidjan.
Grand-Bassam, cible de ces attaques, est, non seulement, une ville historique et ville symbole pour la Côte d’Ivoire car, depuis 2012, elle a été classée au patrimoine culturel mondial de l’UNESCO.
Mesdames et Messieurs
La douleur que le Peuple ivoirien a connue et qui a été également, avant la nôtre, celle de nos frères du Mali, du Burkina, du Niger, du Kenya, de la Somalie, de la Tunisie, et d’autres peuples plus lointains, vient rappeler à notre souvenir l'important défi sécuritaire auquel doit faire face le monde d'aujourd'hui.
Le terrorisme, il n’est pas superflu de le redire, constitue une grave menace pour la paix et la sécurité internationale. Il ne peut être assimilable ni être confondu aux luttes légitimes de libération.
C’est pourquoi, on s’en souvient encore, la 37ème Conférence de l’Union Parlementaire Africaine, tenue à Rabat, au Maroc, les 1er et 2 novembre 2014, avait insisté à juste d’ailleurs que le terrorisme ne saurait être associé à une religion, une nationalité, une idéologie politique ou encore à une civilisation.
Assurément, la 14ème Conférence parlementaire afro-arabe est une opportunité qui nous est offerte pour insister de plus belle sur ce point et réaffirmer dans le même temps notre indignation contre cette nébuleuse. Elle devra cristalliser nos énergies pour proposer des actions collectives de TERREUR AU TERRORISME !
Je réitère, ici à nouveau, mon appel à la solidarité, à la coopération internationale et, surtout, à la mobilisation de tous les Etats dans la lutte contre le terrorisme. J’ai foi que l’échange régulier d’informations et d’expériences, entre nos organes de sécurité et la mutualisation de nos moyens de lutte est un gage d’efficacité de l’action collective contre le terrorisme.
Partout en Afrique tout comme au Moyen Orient, nous devons conjuguer sans répit nos efforts en vue de faire cesser les drames humains que connaissent nos peuples épris de paix, de bonheur et de liberté.
Excellences Mesdames et Messieurs les Présidents d’Assemblées
Mesdames et Messieurs,
Au cours de nos travaux, nous aurons à examiner la question de la promotion de la paix et du développement durable par le biais de la consolidation des échanges divers entre nos deux régions.
Nos réflexions ne manqueront pas de s’attarder sur les obstacles liés à l’intensification de ces échanges tels que les législations différentes appliquées dans nos pays.
Nous avons, à cet égard et en tant que parlementaires, une responsabilité pleine et entière en matière de ratification des accords internationaux et de vote de lois intégrant les objectifs de développement solidaire identifiés dans le cadre de la coopération Afro-Arabe.
En somme, il nous faut bâtir une véritable stratégie d’échanges, au moyen d’une solidarité plus étroite entre l’Afrique et le Monde Arabe, mutuellement profitable dans un environnement stable fondé sur le respect des valeurs démocratiques et de bonne gouvernance.
A ce stade de mon propos, je voudrais en appeler à une plus grande mobilisation des Présidents des Parlements membres de la Conférence à nos différentes rencontres afin de donner des réponses pertinentes aux défis auxquels nous sommes appelés à faire face. Cette rencontre ne devrait pas paraitre une réunion de trop pour nous.
Pour terminer, je voudrais renouveler à toutes les délégations ici présentes mes fraternelles salutations et souhaiter plein succès à cette Conférence d’Abidjan.
C’est sur ces mots que je déclare ouverts les travaux de la 14ème Conférence Parlementaire Afro-arabe.
Je vous remercie !
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