
est un témoignage à charge qui ne devrait pas manquer d'offusquer de nombreux Français au moment où la grève SNCF perturbe grandement les fêtes de fin d'année.
Un conducteur de réserve, s'estimant sous-exploité, a témoigné sur Actu.fr, pour se plaindre du fonctionnement de la compagnie, tout en demandant à assurer des liaisons ferroviaires. Auprès de nos confrères, il regrette ses journées de travail où il affirme être « payé à regarder des vidéos » à la gare Saint-Lazare, puisque sa direction ne lui confie pas de train à conduire.
Conducteur de réserve correspond en réalité à un rôle de remplaçant qui prend le relais du titulaire au pied levé si ce dernier s'avère être absent ou malade. Sur la ligne Paris-Normandie, ils sont plusieurs employés avec ce statut. « Je suis devenu conducteur à la SNCF pour conduire, servir et apprendre. Pas pour végéter en réserve alors que des solutions existent », regrette-t-il amèrement. Et ce, alors que certains conducteurs, comme ceux des TER des Hauts-de-France, se sont récemment mis en grève pour dénoncer un manque d'effectifs.
Dans son témoignage, ce conducteur réserviste explique avoir demandé une mutation à la gare du Nord pour rejoindre les lignes Hauts-de-France, mais sa démarche est jusque-là restée lettre morte. « Il y en a qui attendent de bosser mais on ne me répond même pas », déplore-t-il. Ces quatre derniers mois, il explique avoir été payé 16 jours à ne rien faire, soit l'équivalent de trois semaines de paye supportées par la SNCF et donc à la charge du contribuable.
«J'ai été commandé pour me tourner les pouces pendant sept heures »
Comme lui, nombreux sont les conducteurs à s'être tournés vers la réserve afin de ne pas prendre en charge un seul et même trajet mais plusieurs. Affecté à la gare Saint-Lazare, il explique que la SNCF a fait le choix en 2018 de scinder en deux le pôle conducteurs de réserve de la gare parisienne avec d'un côté les réservistes Transiliens et de l'autre, les réservistes TER « Portes de Normandie ». Résultat, ils ne peuvent plus être délocalisés, même lorsque les trains de l'autre réseau doivent être annulés ou supprimés.
« Depuis 2018, j'aurais dû compter le nombre de réserves fictives pour lesquelles j'ai été commandé pour me tourner les pouces pendant sept heures », renchérit-il auprès d'Actu.fr. Dans son témoignage, il tient donc à mettre en lumière les dysfonctionnements de la SNCF et appelle à ce que les zones d'intervention des conducteurs de réserve soient élargies. Pour leur bien, mais aussi et surtout celui des usagers.
Sollicitée par nos confrères, la direction des lignes Paris-Normandie affirme découvrir le phénomène et ne pas mesurer son ampleur. « Avec la période de congés et l'épidémie de grippe, tous nos conducteurs de réserve sont affectés… » assure-t-elle.
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