
On ne vous a plus
entendu depuis près d'une année. Où étiez-vous ?
Je suis là, à mon poste (sourire). En réalité, c’est tout
simple, quand j’ai des choses à dire, je les dis et clairement. En revanche,
quand je n’ai rien à dire, je me tais. Ceci étant, je demeure à la tâche, au
service de la Côte d’Ivoire mon pays, toujours prêt pour le Rhdp et mon
Président Alassane Ouattara.
Vous êtes très proche
de l’ex-ministre Amon Tanoh. L'ancien directeur de cabinet du président de la
République a pris ses distances avec les activités et les personnalités du
Rhdp. L'avez-vous suivi ?
Votre question me parait très orientée. D’abord, je
n’ai jamais pris mes distances avec le Rhdp. Ni hier, ni aujourd’hui. Il
faut que cela soit clair. Ensuite, personnellement, je garde un
profond respect pour Marcel Amon-Tanoh dont le parcours n’est plus à rappeler.
C’est un homme de qualité dont je continue de m’honorer de la considération.
Moi je ne renie pas mes relations. Alors qu’on ne me demande pas de choisir
entre le Président Ouattara et son jeune frère Marcel Amon-Tanoh. Je considère
depuis toujours que ces deux personnalités constituent deux faces de la même
médaille. Enfin, je salue la main tendue du Président Alassane Ouattara à son
jeune frère Marcel Amon-Tanoh. Je salue l’esprit d’ouverture du chef de l’Etat
qui démontre encore une fois, son sens élevé du sacrifice et du devoir.
Après avoir ouvert les bras à son jeune frère Marcel Amon-Tanoh, le Président
de la République Alassane Ouattara s’apprête à recevoir Laurent Ggagbo. Je n’ai
donc plus aucun doute que le prochain sur la liste de la réconciliation vraie
sera Guillaume Soro, l’autre fils du Président Alassane Ouattara. La Côte
d’Ivoire a besoin d’unité et cela commence par la grande famille du Rhdp.
Chacun doit y travailler. Pour le reste, sachez que j’ai beaucoup de
respect pour mon prochain mais je ne suis pas connu pour être un
« suiveur ».
On l'a vu lâcher
Alassane Ouattara pour le Conseil national de transition(Cnt) de Bédié.
Avez-vous compris cette attitude ?
Ce n’est pas exact de dire que Marcel Amon-Tanoh est allé je
ne sais où. C’est une contre vérité. La vérité historique c’est que Marcel
Amon-Tanoh a désavoué en son temps le Cnt, et il l’a fait publiquement. Et par
la suite, chose tout à fait inédite, Marcel Amon-Tanoh a adressé des
excuses publiques au Président Ouattara. Pour ce qui est de ses
motivations, je vous suggère de lui poser la question le jour où vous le
verrez. Chez les Ebrié, on dit que l’eau qui vient de la bouche du poisson est
la plus fraîche.
Aujourd'hui, c'est la réconciliation. Est-il prêt à retourner au Rhdp ? Il vous en a parlé ?
Rectificatif, Marcel Amon-Tanoh n’a jamais démissionné du
Rhdp. A ma connaissance. Et je ne vois pas pourquoi il le ferait.
Le Rhdp va très
bientôt se restructurer après les départs volontaires et les décès de certains
hauts cadres. Qu'attendez-vous ?
Je confirme que c’est le président du parti qui a fait
l’annonce de cette restructuration prochaine. De mon point de vue, ce serait
une très bonne chose en ce qu’elle apportera du sang nouveau à notre grande
famille politique. Vous savez, un grand parti politique comme le Rhdp est en
perpétuel mouvement et son dynamisme n’a d’autre but que de trouver les voies
et moyens pour apporter le progrès, la paix et la solidarité aux Ivoiriens.
Laurent Gbagbo est de
retour en Côte d'Ivoire après 10 années de prison. Bédié et lui comptent
s'allier pour les joutes électorales à venir. Quel commentaire ?
Le président Gbagbo a actuellement 76 ans, et le président
Bédié en a 87. Si ces deux hommes politiques qui ont pendant 30 ans été des
adversaires irréductibles en venaient à s’allier, que devrait-on sincèrement en
attendre de bon ? Pas grand-chose,
si ce n’est la preuve d’un égoïsme inqualifiable. Voilà des gens qui pensent
que si ce ne sont pas eux, la Côte d’Ivoire n’a pas d’avenir. Je laisse le soin
à chaque Ivoirien de se faire sa propre opinion. Mais je pose une seule
question : qu’est-ce que MM. Gbagbo et Bédié peuvent faire pour la Côte
d’Ivoire au soir de leur vie qu’ils n’ont pas eu le temps de faire quand ils
étaient aux affaires ?
Que Pensez-vous de
l'alliance Pdci-Fpi?
Vous en parlez comme si c’était déjà fait ou même que c’est
la panacée du siècle (rire). Non mais plus sérieusement, est-ce que vous
croyez que la préoccupation actuelle de la majorité des populations, c’est
l’alliance de deux doyens ? Moi je ne le crois pas.
Elle vous
effraie-t-elle?
Nous au Rhdp, nous restons sereins. Nous sommes sereins
parce que nous sommes la plus grande force politique du pays. Nous sommes
engagés, résolus derrière le leadership d’un dirigeant hors-pair, le plus grand
leader ivoirien de ces 30 dernières années. Ce que je dis n’est pas un signe de
triomphalisme, c’est la stricte réalité.
Le porte-parole adjoint de votre parti, Touré Mamadou,
a révélé récemment qu'Alassane Ouattara pourrait-être candidat en 2025. C'est
une nouvelle qui vous réjouit ?
Je suis désolé mais je ne vois pas les choses ainsi. Ce n’est pas une affaire émotionnelle. Les propos auxquels vous faites allusion ont été tenus dans un contexte précis, qu’il serait hasardeux de commenter isolément. Car, pris dans leur contexte, ces propos reflètent bien l’assentiment de très nombreux Ivoiriens.
Quel constat
faites-vous du Rhdp après la présidentielle de 2020 ?
Le parti a été secoué par le décès de plusieurs de ces
hommes de valeur, ceux des deux Premiers ministres notamment en 2020 et en 2021
mais il se relève, sous la houlette de son leader historique. Aujourd’hui, un
cap nouveau est fixé et le Rhdp se consolide. Voyez-vous, avec le recul et face
à ce à quoi les Ivoiriens assistent en ce moment, on comprend mieux
pourquoi le président Alassane Ouattara a fait le sacrifice d’un troisième
mandat. Je voudrais profiter de votre tribune pour l’en féliciter vivement et
l’encourager à garder le cap. Il peut toujours compter sur nous.
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