
Le gouvernement ivoirien s’est prononcé, ce mercredi 19 octobre, au terme du Conseil des ministres, sur la polémique autour de l’abandon du bulletin unique au profit du double bulletin pour le référendum du 30 octobre prochain. Bruno Koné, porte-parole du gouvernement, a souligné que cette idée ne provenait pas du gouvernement, mais serait une proposition de la Commission électorale indépendante (Cei).
Toutefois, Bruno Nabagné Koné estime que « ni le gouvernement, ni la Cei n’a enfreint la loi » en adoptant le bulletin double pour le référendum du 30 octobre prochain. Cette position du gouvernement paraît très étrange quand on sait que le Rdr, l’actuel parti au pouvoir, et le Fpi, principal parti d’opposition, réunis au sein du Front Républicain, ont battu le macadam pour revendiquer le choix du bulletin unique de 1994 à 1999 sous le règne du Pdci-Rda.
Le refus d’Henri Konan Bédié, alors président de la République, et son gouvernement d’accéder à cette revendication qui faisait partie d’un panel d’exigences, a conduit le Front Républicain a appelé à un boycott actif sanglant et meurtrier à l’élection présidentielle de 1995. Aussi, suite au Coup d’Etat de 1999 qui a évincé Henri Konan Bédié et le Pdci du pouvoir, le Front républicain en accord avec le régime militaire dirigé par feu le Général Robert Guéhi, a fait adopter le bulletin unique comme seul mode de vote.
A l’époque, ce choix avait été salué par les acteurs politiques et société civile comme une avancée démocratique, car le bulletin multiple était considérer comme une voie ouverte à la fraude. Des déclarations contradictoires qui en disent long Aujourd’hui, il est alors difficile de comprendre pourquoi les autorités actuelles retournent à « leur vomissure ».
Que cache réellement ce choix du double bulletin de vote au référendum ? Cette préoccupation est plus que légitime au regard de la double déclaration de la Cei qui n’ont jamais été rendues publiques mais dont le confrère Soir Info s’en est procuré. Dans la première déclaration, la Commission électorale indépendante, signifie qu’il n’a « jamais été question de bulletins multiples, et aussi cela n’a jamais fait l’objet de discussions au Bureau, encore moins en Commission centrale. En conséquence, précise-t-elle, toute déclaration contraire au choix du bulletin unique par la Commission électorale indépendante pour le référendum du 30 octobre, n’engage que son auteur ».
En revanche, dans la seconde déclaration, la Cei informe que sa proposition de bulletin unique a été rejetée par le gouvernement qui a pris un décret en Conseil des ministres pour imposer le double bulletin au référendum. Cette double déclaration qui prend le contre-pied de celle du porte-parole du gouvernement laisse bien croire qu’il y a anguille sous roche.
Abandonner le bulletin unique qui a fait ses preuves et qui n’a jamais été l’objet d’aucune contestation au profit du double bulletin autrefois décrié et combattu, ne peut que laisser dubitatif le commun des Ivoiriens sur la sincérité et la crédibilité des résultats qui sanctionneront le référendum constitutionnel.
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